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Jeux Vidéo
25/03/10
À une époque où les jeux rivalisent pour donner des graphismes somptueux et un réalisme poussé il est rare de retrouver un jeu qui propose quelque chose d'humain, une véritable aventure que l'on vit, que l'on ressent, Fragile Dreams : Farewell Ruins of the Moon du studio tri-Crescendo est là pour vous donnez des frissons.
À la base Fragile Dreams devait être un survival horror pour les plus jeunes, si cela se ressent via les graphismes mignons rappelant quelque peu Eternal Sonata du même studio, on est loin du jeu niai auquel on pouvait s'attendre, mais avant d'attaquer l'histoire qui est le gros point fort du jeu autant commencer en appuyant là où ça fait mal : le gameplay.
Le principal défaut du gameplay est sa rigidité, Seto le jeune héros est plutôt lent et cela se ressent énormément dans les combats. Il faut savoir que les mains et les pieds sont désynchronisés. Vos mains qui tiennent votre lampe torche et votre arme se contrôle avec la Wiimote, vous permettant de pointer votre lampe ce qui a pour effet de faire apparaitre les spectres et des les ralentir, le souci est qu'il n'y a pas de système de lock, on a donc vite du mal à calculer la distance qui nous sépare d'un monstre, de plus le jeune homme est très mou et très lent pour se retourner la caméra n'aidant pas, car même si on peut la recadrer avec un bouton elle a la fâcheuse tendance de se se mettre un peu n'importe comment pour peu que vous soyez dans un endroit exigu. Manque de pot des endroits exigus il y en a un paquet, il est donc nécessaire de vite apprendre ç gérer les combats, en gros pas trop bourriner et souvent bouger pour ne pas se retrouver Game Over trop vite. Votre direction et donc vos pieds sont gérés par le Nunchuk, on passe donc pas mal de temps à déambuler dans des couloirs sombres en éclairant un peu tout et rien.
L'autre souci vient du sac, celui-ci est définitivement trop petit, et même avec la première amélioration qui s'obtient après 2-3 heures de jeu on galère toujours autant avec un sac plein empêchant de ramasser des objets. Chaque objet représente dans le sac un certain nombre de cases et une certaine forme, on pourrait être tenté de ne garder que le nécessaire, mais beaucoup d'objets laissés par les monstres vaincus où trouver dans les divers environnements sont des "objets mystères". Le seul moyen de les analyser est d'aller au feu de camp le plus proche, lieu qui vous permettra de récupérer vos points de santé et croiser de manière aléatoire le vendeur. Vous pourrez ranger vos objets dans une mallette beaucoup plus grande, mais vu qu'elle n'est disponible qu'au feu de camp il faudra bien choisir ce que vous mettez dans votre sac. Rajoutons à cela que vos armes sont toutes destructibles ce qui devient problématique vue la taille qu'elles occupent dans le sac et il arrivera souvent que votre arme se brise durant des combats vous obligeant à retourner au feu de camp en grande hâte pour en prendre une autre dans votre mallette, ce qui n'est vraiment pas pratique et assez frustrant.
Maintenant parlons plus en détail de l'histoire, vous incarnez Seto un jeune homme de 15 ans qui au début du jeu enterre l'homme qui l'a élevé et dont il ne connait pas le nom. Seul et abandonné au Japon, le jeune homme trouve une lettre que l'homme lui a écrite lui demandant d'aller vers la grande tour à l'Est, mais à ce moment un spectre aux paroles plus que vague vient vous attaquer. Après ce premier combat pas bien dur et pas transcendant, le jeune homme quitte donc le lieu où il a toujours vécu pour chercher d'autres personnes. Le jeu va directement vous plonger dans l'aventure avec une magnifique cinématique en dessin animé de très très bonne qualité ainsi qu'une chanson en Japonais tout aussi sublime. Vous comprendrez vite qu'il n'y a plus personne, tout est à l'abandon depuis des années, et le jeu ne vous révèlera la cause de tout ça que beaucoup plus tard. Vient ensuite votre rencontre avec une jeune femme, bien réelle que Seto appellera "la fille aux cheveux argentés"; cette mystérieuse jeune femme va obnubilé le jeune homme qui part donc à sa recherche pour ne plus être seul... Son aventure lui promet aussi d'autres rencontres toujours surprenantes avec des personnages charismatiques.
La grande force du scénario outre les vois Japonaises et les cinématiques immersives se sont les thèmes abordés, plutôt durs (ndr : surtout pour un jeune public) : la mort d'un proche, la solitude, le besoin d'aimer et d'être aimé en retour, le tout dans une ambiance pesante et glauque les spectres étant des restes d'émotions des gens morts dans les zones que vous visiterez. S'ajoute à cela des objets banals que vous trouverez et qui, une fois ramenée au feu de camp vous révèleront le moment auquel ils sont rattachés, un téléphone portable qui vous permettra d'entendre quelqu'un qui souhaite se suicider, un ballon crevé d'un enfant qui a perdu de vu sa mère dans une fête foraine et qui se sent abandonné ou même un collier de chien vous racontant le ressentit d'un chien voyant son maître malheureux en train de pleurer. Chaque souvenir étant narré de vive voix (ndr : en japonais avec des sous-titres Fr bien sûr), accablant un peu plus Seto et le joueur.
Graphiquement comme dit plus haut on a un chara-design ressemblant fortement aux personnages d'Eternal Sonata, les personnages sont mignons et très attachants, l'ensemble des décors reste de bonne qualité , sombres évidemment et réalistes. Le bestiaire est sympathique, rien de gore bien entendu, mais on a quelques spectres sympathiques comme des bras qui sortent des murs ou des jambes d'enfants qui courent. La bande-son est quasi inexistante, mais les rares fois où la musique se fait entendre elle est en parfait accord avec ce que vous et Seto vivez dans l'aventure, un gros travail a donc été fait sur ce point qui rend le jeu encore plus beau et prenant, seule la musique des combats reste assez fade. On n’oublie pas bien sûr la possibilité de choisir entre voix Anglaises ou Japonaises, une préférence allant pour les voix japonaises bien plus convaincantes, le tout avec des sous-titres en Français.
Si vous êtes aptes à passer outre le gameplay mou et poussif à souhait vous obligeant à faire des allers-retour, et parfois, à esquiver les combats, vous allez découvrir une très belle aventure, véritable poésie limite macabre. Fragile Dreams : Farewell Ruins of the Moon est beau, touchant, très humain, poussant même parfois à l'introspection nous renvoyant à nos propres vies et passés, le jeu vous tiendra en haleine une petite quinzaine d'heures, il n'est jamais vraiment difficile, mais ça n'est pas un mal, cela offre la possibilité de suivre l'histoire sans avoir à lutter contre des ennemis trop belliqueux. Des histoires aussi belles et humaines, on en voudrait plus souvent !
(les screens utilisés sont les screenshots éditeur)
Informations complémentaires
Notation
Impressions du testeur
Ikazuya
- Une histoire touchante
- Des cinématiques et une bande-son de très haute qualité
- Les personnages très attachants
- Les objets qui racontent un souvenir
- Les combats mous
- Le sac trop petit durant une grosse partie du jeu
- Le gameplay en général